vendredi 9 novembre 2007

Bergson, le philosophe créateur




Il y a 100 ans, le philosophe Henri Bergson (1859-1941) publiait L'Evolution créatrice (1907), un de ses livres majeurs, peu après l'Essai sur les données immédiates de la conscience et Le Rire.


Cet événement, érigé au rang des Célébrations nationales, risque pourtant de passer fort inaperçu, hors du monde philosophique.





Signalons donc la parution de la première édition critique dirigée par Frédéric Worms, professeur à l’université Charles-de-Gaulle-Lille 3, directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine à l’Ecole Normale Supérieure (Paris) et dont les travaux font autorité.







Cet ouvrage, qui fut mis à l’Index par le Vatican en 1913 (à l’indignation, notamment de Péguy), permet au philosophe de traiter de l'intelligence de l'homme et de son rapport à la création, en particulier celle des outils :
"Si nous pouvions nous dépouiller de tout orgueil, si, pour définir notre espèce, nous nous en tenions strictement à ce que l'histoire et la préhistoire nous présentent comme la caractéristique constante de l'homme et de l'intelligence, nous ne dirions pas Homo Sapiens (être humain intelligent), mais Homo Faber (être humain fabriquant)".


Pour ceux qui voudraient poursuivre cette commémoration, en l'actualisant, je signale le billet consacré par Pierre Assouline au "Moment Bergson" qui évoque l'excellent ouvrage de François Azouvi, directeur de recherches au CNRS et directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales : La gloire de Bergson. Essai sur le magistère philosophique (391 pages, 22,50 euros, Gallimard).













Enfin, rappelons pour l'anecdote, que Bergson participa en 1921 à la naissance de la Commission internationale de la coopération intellectuelle, ancêtre de l'UNESCO.